Le bistrot Melac organisait samedi dernier ses 34èmes vendanges, à cette occasion de nombreuses personnes s’étaient retrouvées autour de tables dressées à même la chaussée, à l’angle des rues Léon Frot et Emile Lepeu dans le 11ème arrondissement.
Les spécialités auvergnates étaient bien sûr à l’honneur et des musiciens donnaient à l’événement une atmosphère de bal de village où bobos, prolos, poulbots et autres parigots se sont mêlés dans la convivialité et la bonne humeur en savourant charcuteries, fromages du Cantal, aligot et bouteille de Château-Charonne.
Ouvert en 1938 par « Melac Père », un aveyronnais de Bozouls, puis repris par le fils en 1977, le bistrot Melac témoigne d’une époque pas si lointaine où la plupart des cafés, bougnats, bar-tabacs et brasseries de Paris étaient tenus par des auvergnats ou des aveyronnais. Les alentours de la Bastille étaient leur fief et c’est d’ailleurs aux auvergnats que la rue de Lappe doit sa vocation festive, ce sont eux qui y ouvrirent les premiers bals au début du XXème siècle, dans une rue jusqu’alors occupée par des ferrailleurs et d’autres petits artisans.
L’année dernière « Melac Fils », Jacques de son prénom, a tiré sa révérence après 35 années de bons et loyaux services, mais que les anciens clients se rassurent, le restaurant n’a pas pour autant été transformé en bar lounge ou en sushi-bar franchisé puisque c’est un autre aveyronnais moustachu qui a repris l’établissement et qui semble vouloir perpétuer la tradition des vendanges. D’ailleurs afin d’assurer le changement dans la continuité, le parrain de cette édition 2013 n’était autre que l’ancien propriétaire à la célèbre moustache.
Adresse :
Bistrot Melac
42 rue Léon Frot
75011 Paris
http://bistrot-melac.fr/
Article lié :
- Montmartre – Fête des vendanges 2010
À proximité :
- La Cour de l’Industrie dans le Faubourg Saint-Antoine
- Les vieux immeubles industriels de la rue Titon















Je ne savais pas que le vin de Montmartre était concurrencé par celui de Charonne. On peut se demander où poussent les vignes. Les aveyronnais possèdent encore de nombreux restaurants à Paris, et non des moindres.
Il y a pas mal de vignes et donc de vendanges à Paris dont celles du Parc Georges Brassens d’ailleurs (vous qui êtes de Sète…), mais hélas les lieux prestigieux ne produisent pas toujours des vins prestigieux et les vignes parisiennes ne font pas de grands crus.
Les aveyronnais et les auvergnats sont montés en gamme et ont délaissé les petits bistrots de quartier qui sont repris depuis une vingtaine d’années par les wenzhous (« des auvergnats made in China ») et c’est tant mieux car sans eux ces bistrots seraient soit définitivement fermés soit transformés en bars lounge aseptisés pour branchouilles.