Passage Lhomme – le charme d’une ancienne cour d’artisans

Le passage Lhomme au numéro 26 de la rue de Charonne

Le passage Lhomme au numéro 26 de la rue de Charonne

Le passage Lhomme dans le Faubourg Saint-Antoine fait partie de cette multitude de cours et d’impasses qui pendant plus de cinq siècles ont accueilli les artisans du bois dont les meubles firent la renommée du quartier dans le monde entier. Si la plupart des ébénistes, menuisiers, marqueteurs, doreurs… ont aujourd’hui disparu, quelques-uns subsistent encore, éparpillés dans les cours que les promoteurs immobiliers n’ont pas démolies ou converties en bureaux d’architectes, de start-up ou en lofts branchés.

Alors que le début du Faubourg Saint-Antoine semble vouloir se consacrer exclusivement aux boutiques franchisées que l’on retrouve déjà partout dans Paris, la rue de Charonne a quant à elle entamé sa reconversion en annexe du Marais. Terrasses et autres commerces à la mode y remplacent rapidement et sûrement les derniers artisans du bois et les magasins dédiés à leur activité. Le promeneur en quête d’un peu d’authenticité est donc obligatoirement happé par l’entrée du passage Lhomme, l’espace de quelques minutes il lui sera permis de quitter la rue aseptisée pour découvrir, après être passé sous un immeuble du 18ème siècle, un endroit hors du temps.
Le relatif éloignement du passage d’avec la rue du Faubourg Saint-Antoine explique peut-être qu’il ait été épargné par les rénovations radicales des dernières décennies. Long de 122 mètres, il relie la rue de Charonne à l’avenue Ledru-Rollin (via le passage Josset), il doit son nom au propriétaire du terrain sur lequel il fut construit. La chaussée recouverte de vieux pavés déglingués entre lesquels des touffes d’herbes apparaissent, est bordée de bâtiments typiques des anciens faubourgs industriels parisiens. Dans ce passage aujourd’hui assagi, il est difficile d’imaginer l’activité qui l’animait autrefois, le bruit des outils et les odeurs de sciure n’ont cependant pas totalement disparu. L’atelier Hollard qui appartient à la même famille depuis sa création en 1912, et qui compte parmi ses clients les administrations les plus prestigieuses de l’État (le Mobilier National, les Monuments Historiques, le Sénat, Matignon…), continue d’exercer ses spécialités que sont la restauration de meubles anciens et le vernissage au tampon. Un peu plus loin, après un garage abandonné, une ancienne miroiterie qui fut en activité de 1886 jusqu’à récemment, abrite à présent des cours d’arts plastiques, la verrière de ce bâtiment industriel fut réalisée par Gustave Eiffel. La porte suivante est celle des ateliers de la Chaiserie du Faubourg dont la boutique se trouve rue de Charonne, à l’entrée du passage, cette « clinique » pour chaises et fauteuils en tout genre, témoigne elle aussi d’un temps que les moins de 20 ans ne connaîtront malheureusement jamais.
À noter qu’au milieu des années 90, Joe Cocker a tourné dans le passage, quelques scènes du clip « N’oubliez jamais » avec Catherine Deneuve.

En plus :
Le roman historique « les Dames du Faubourg » de Jean Diwo est une trilogie qui retrace l’histoire des artisans du bois du Faubourg Saint-Antoine du 15ème au début du 20ème siècle.

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2 réponses à Passage Lhomme – le charme d’une ancienne cour d’artisans

  1. Sheily dit :

    Je ne connais cet endroit charmant qu’en photo. Je note pour une prochaine balade.

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