Les fourreurs du Faubourg Poissonnière

Poissonnière - le faubourg de la fourrure

Poissonnière - le faubourg de la fourrure

La rue du Faubourg Poissonnière doit son nom aux mareyeurs du quart nord-est de la France, qui pour venir vendre leurs marchandises aux Halles empruntaient cette voie. Elle fait office de frontière entre le 9ème et le 10ème arr., entre l’ancienne Petite Arménie et la récente Petite Turquie.
Autrefois prisé par la bourgeoisie et la noblesse qui s’y faisaient construire des hôtels particuliers, le faubourg est devenu au XIXème siècle un quartier d’artisans, de petites industries et d’ateliers de confection. Cette évolution a coïncidé avec l’essor de la fourrure en France qui s’est largement implanté dans le secteur pendant la seconde moitié du XIXème siècle. C’est aussi à cette période qu’arrivent à Paris les premiers réfugiés juifs d’Europe de l’Est, dont beaucoup deviendront fourreurs. Aujourd’hui encore de nombreux commerces de peau et de fourrure du faubourg appartiennent aux juifs ashkénazes dont les épiceries et restaurants casher sont regroupés rue Richer, ces immigrés juifs ont été rejoints au cours du XXème siècle par les grecs et quelques arméniens.
Le réalisateur Claude Berri, Langmann de son vrai nom, était fils de fourreurs juifs ashkénazes dans le quartier, il est d’ailleurs né non loin du faubourg Poissonnière, passage du Désir, dans le Faubourg Saint-Denis, il a raconté cette période de sa vie dans le film Le cinéma de Papa. Une autre célébrité a côtoyé le petit monde de la fourrure du faubourg, c’est Louis de Funès qui après des études dans une école de fourrure, rue des Tournelles, obtient à 17 ans une place d’apprenti fourreur dans une petite société du quartier, mais il est rapidement renvoyé pour cause de… manque de sérieux.
Pendant plusieurs décennies l’industrie de la fourrure, victime de mauvaise presse, a été en perte de vitesse, mais depuis quelques années elle semble vouloir repartir, certains reconvertis dans la fausse fourrure ont quand même décidé de rester dans le fief historique de cet artisanat dont la corporation est l’une des plus anciennes de Paris.

À proximité :
- Cristal, porcelaine et faïence rue de Paradis
- Faubourg Saint-Denis – le quartier turc de Paris
- L’ancien quartier arménien du 9ème arr. de Paris

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2 réponses à Les fourreurs du Faubourg Poissonnière

  1. Je te retourne le compliment… sympa ton blog aussi.
    Ahhh paris ! il enf audrait des blogs pour tout dire sur cette ville incroyable !

    • gavroche.fils dit :

      Merci Marion, c’est vrai qu’on a la chance de vivre dans une ville où les sources d’inspiration sont inépuisables

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