Exposition – La Commune 1871, Paris capitale insurgée

Exposition des 140 ans de la Commune de Paris à l'Hôtel de Ville

Exposition des 140 ans de la Commune de Paris à l'Hôtel de Ville

À l’occasion des 140 ans de la Commune de Paris, la mairie organise depuis de 18 mars et jusqu’au 28 mai, soit les dates exactes de l’insurrection parisienne, une exposition gratuite à l’Hôtel de Ville. L’expo qui se tient dans le salon d’accueil retrace à travers des gravures, affiches, photographies, dessins… les évènements de ces deux mois sanglants de 1871.

Rappel des faits :
Le 2 septembre 1870 l’empereur Napoléon III capitule face à la Prusse après une guerre de 2 mois mal préparée, le 4 septembre après des émeutes dans Paris, l’empire est renversé, la République proclamée à l’Hôtel de Ville et la guerre contre les états allemands relancée. Au cours de l’hiver la ville est assiégée et le gouvernement d’Adolphe Thiers signe avec Bismarck un armistice, mais la rue parisienne proteste à nouveau jugeant que la guerre n’est pas encore perdue. La situation dans la capitale se dégradant, le 10 mars 1871 l’Assemblée décide de son transfert à Versailles, et vote dans le même temps une série de lois visant à affaiblir économiquement la classe ouvrière parisienne. Le 18 mars quand l’armée tente de s’emparer des canons de la butte Montmartre, protégeant la ville des armées allemandes, les parisiens se soulèvent et les en empêchent, une partie des soldats se joindra à la révolte. Rapidement des barricades s’érigent dans toute la ville contraignant l’armée de Thiers à se replier sur Versailles. Le 26 mars des élections sont organisées afin d’élire des représentants, les étrangers seront pour la première fois autorisés à voter. Parmi les nouveaux élus, il y avait Louis Auguste Blanqui, bien qu’étant en détention en dehors de la ville, cet éternel révolutionnaire républicain, propriétaire du journal « ni Dieu, ni maître », fut élu comme tête de liste dans plusieurs quartiers de la capitale insurgée. Un boulevard à son nom jouxte aujourd’hui le quartier de la Butte aux Cailles, bastion de la résistance parisienne face aux troupes versaillaises, repoussées 4 fois par les fédérés commandés par Walery Wroblewski.
Pendant les deux mois que dure la Commune, des avancées sociales considérables furent instaurées, les femmes qui jouèrent un rôle important virent leur situation s’améliorer, la journée de travail de 10 heures maximum entra en vigueur, le travail de nuit fut interdit, l’autogestion se développa dans les entreprises et le 2 avril fut votée une séparation de l’Église et de l’État avant l’heure.
Afin d’aider les versaillais à reconquérir Paris, Bismarck, qui vient d’obtenir l’Alsace et la Lorraine, libère 60.000 prisonniers de guerre qui iront renforcer les troupes de Thiers. Le 21 mai les versaillais entrent dans Paris, c’est le début de la Semaine Sanglante pendant laquelle les fédérés incendieront de nombreux bâtiments de pouvoir : les Tuileries, l’Hôtel de Ville… Malgré de farouches combats de rue, les parisiens, 4 fois inférieurs en nombre, seront vaincus, les derniers tomberont lors d’affrontements au cimetière du Père Lachaise où les quelques survivants seront fusillés le long d’un mur, rebaptisé depuis le Mur de Fédérés.

Après la Commune :
On estime à plus de 20.000 le nombre de fédérés ou présumés fédérés exécutés par les versaillais pendant la Semaine Sanglante, à la fin des combats des milliers d’autres furent envoyés aux bagnes, c’est notamment ce qui arriva à Louise Michel, déportée pendant 9 ans en Nouvelle-Calédonie, après s’être rendue en échange de la libération de sa mère. Environ 5% des bâtiments parisiens furent détruits ou fortement endommagés entre le début de la guerre avec les prussiens (juillet 1870) et la fin de la Commune (28 mai 1871).
Karl Marx s’inspira beaucoup de l’insurrection parisienne, qu’il qualifia de première révolte prolétaire de l’Histoire et par la suite de nombreuses révolutions (russe, espagnole…) reprirent des idées élaborées pendant la Commune.
Peu de parisiens le savent, mais le Sacré Cœur, dont la construction débuta en 1873, avait été voulu par l’Église et l’État afin « d’expier les crimes des communards » et ce n’est donc pas un hasard s’il se situe à l’emplacement exact des canons que les versaillais tentèrent de récupérer le 18 mars 1871, date qui marqua le début des évènements.
Chaque année divers associations et partis politiques de gauche, d’extrême-gauche ou anarchistes se réunissent au Mur des Fédérés afin de célébrer les martyrs de la Commune.

Sites :
- Plus d’informations sur l’exposition : La Commune 1871, Paris capitale insurgée
- Le site de l’association de la Commune de Paris : http://lacomune.perso.neuf.fr

Affiche d'un decret des communardsPhotographie de barricade rue de Charonne - Faubourg Saint-AntoinePortrait de Louise MichelGuerre Civile - Lithographie d'Edouard ManetAffiche de la Commune de ParisAffiche versaillaise du maréchal de Mac-MahonFaçade de l'Hôtel de Ville de Paris

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